
Je reviens également sur le mode de recouvrement des boucliers, notamment sur le verso.
Quasiment tous les écus conservés, présentent le même mode de recouvrement : la toile ou le cuir de la face externe est rabattu plus ou moins largement sur
l'envers, puis collé.
L'écu le plus ancien conservé, celui de Seedorf, vers 1180/1225 et conservé à Zürich, montre déjà cette façon de procéder.
Cependant, des clous destinés à renforcer le collage, sont parfaitement attestés sur des écus XIIIème et XIVème.
Deux exemples : l'écus des Wolfenberg, vers 1300, conservé avec une vingtaine d'autres au musée de l'université de Marburg (nord de l'Allemagne) et plus
récent et plus connu, l'écu funéraire du Prince Noir, avant 1376, dont le cuir est rabattu régulièrement sur l'envers et fixé par une multitude de petits clous en laiton sur le pourtour.
Toujours à Marburg, sur certains écus, de fines rondelles de cuir également clouées servaient à cacher les têtes de rivets maintenant les énarmes.
Certains autres présentent un semis de clous sur l'envers pour faire tenir le cuir en plus du collage.
Pour remonter encore dans le temps, sur les boucliers vikings de Gokstad, des petits trous sont visibles, percés à environ 2 centimètres du bord, à des
intervalles de 3,5 centimètres. Ils étaient sans doute destinés à maintenir un cerclage de cuir (il n'y a aucune trace de métal). On peut en déduire que cette bordure était
fixée avec des points de couture ou des lanières de cuir, mais plus probablement par de très fin clous de fer......